![]() |
|
|
![]() |
![]() |
|
|
|
|
|
|
De la maison qui coûte cher à la maison qui rapporte... Nous sommes passés en quelques années de la maison valeur refuge qui coûte cher à la maison valeur spéculative qui rapporte gros, et c'est bien là le problème ! L'appât
du gain, véritable carburant de nos
systèmes économiques, s'est propagé au
marché immobilier dès le milieu des
années 90 pour s'y épanouir véritablement dans les
années 2000. En quelques
années, la résidence principale est passée du
statut de « caverne » où
abriter sa famille et pour laquelle de gros efforts financiers sont
concédés à
celui de vecteur de profit ouvert à tout un chacun dés
lors qu'il est
propriétaire d'un logement ou d'une parcelle de terre
(constructible...).
Ainsi, est profondément entré dans les esprits le
principe qu'un bien
immobilier se revend forcément plus cher qu'il n'a
coûté, faisant goûter à tout
propriétaire le charme irrésistible de la plus-value
immobilière, autrefois
réservée aux marchands de biens professionnels...
Dés lors que cette
possibilité s'est avérée exacte,
l'espérance de gain a crue quantitativement et
qualitativement, allant jusqu'à constituer, pour nombre de
particuliers
propriétaires, la raison principale d'une mise en vente: il faut
avouer que le
bénéfice dégagé fut en
général bien plus élevé que la part
thésaurisée des
revenus professionnels et assimila dés lors l'immobilier au
meilleur des
placements financiers, aspect utilitaire ou d'agrément en sus
selon que les
résidences soient principales ou secondaires, sans omettre
l'économie d'impôt
superfétatoire pour les opérations dites
« défiscalisantes » (loi
Méhaignerie, Besson ou de Robien puis Scellier pour la
métropole, Paul, Girardin puis Scellier pour l'outremer)... Il
ne faut dès lors pas s'étonner
d'avoir vu se
multiplier les promoteurs et autres marchands de biens amateurs,
passant parfois
d'une résidence principale à une autre pour éviter
la taxation de la
plus-value. Sur de nombreux marchés, l'immobilier est ainsi
devenu un véritable
champ de foire
interlope où se sont croisés amateurs, professionnels et
semi-professionnels et
où tous les coups furent gagnants, sinon permis, les banques
ayant joué un rôle
de facilitateur d'affaires très impliqué (voir en
infra). Associé à la
croissance démographique soutenue et au phénomène
de décohabitation, ce processus
inflationniste a incité encore davantage les locataires à
devenir propriétaires
et les possédants à développer leur patrimoine
existant: la « bonne »
santé du marché immobilier a alors
généré son propre développement dans un
phénomène d'auto-alimentation assimilable aux ventes de
liste en chaîne où seul
le dernier est perdant...
Cette métamorphose du marché
immobilier a vu ses effets multipliés par l'opacité des transactions: les
simples prétentions financières exprimées sur le marché apparent prennent force
d'évidence et entraînent les vendeurs dans une spirale inflationniste... A trop s'approcher du soleil, les espérances de gain ont brutalement fondu et le marché a chu... L'aboutissement de cette inflation très forte était prévisible, et la crise financière n'a fait qu'accélérer son déclenchement: si le marché de renouvellement peut fonctionner durablement sur un mode inflationniste (qui vend cher peut racheter cher), il en va tout autrement du marché des primo-accédants, ces ménages qui n'ont pour seul viatique qu'une épargne alimentée par leurs revenus professionnels... Incapables de satisfaire les prétentions des vendeurs, ces acquéreurs sont restés captifs, bon gré mal gré, du marché locatif et ont manqué d'autant au flux de demandes d'acquisition, entraînant inéluctablement le marché dans une rupture offre/demande. Les organismes prêteurs ont joué un rôle important dans ce processus, donnant tout d'abord un sursis au système par des libéralités de crédit ayant pour effet de solvabiliser superficiellement les ménages (emprunt à 110 % du montant de l'acquisition, durée portée à 25, voire 30 ou 35 ans) puis stoppant net cette perfusion monétaire suite au krach financier de 2007, privant brutalement le marché d'un nombre important d'acquéreurs. Depuis maintenant plus de deux ans, le marché immobilier ancien soigne ses plaies et recouvre peu à peu ses fondamentaux sur la base d'une équation plus sereine: les banques délivrent leurs prêt sur la base d'un apport de 10 à 20 %, les acquéreurs ont recouvré un pouvoir de choisir et de négocier leur acquisition, les vendeurs ne s'imaginent plus être détenteurs des clés du...paradis ! Au surplus, cette rémission s'est déroulée sans intervention extérieure, qu'elle soit financière ou réglementaire, prouvant ainsi la solidité structurelle du marché immobilier. L'immobilier reste, quoiqu'on en dise, l'un des marchés les plus solides qui puisse se faire... Face à un régime de retraite qui nécessite une réforme de fond puisque générant un déficit exponentiel qu'il faudra bien purger un jour et une alternative boursière en totale tourmente qui a vu sa capitalisation majeure passer de 6000 à 3500 points, l'immobilier se présente, même (et surtout ?) en temps de conjoncture économique difficile comme la valeur de base que le « pater familias » a tout intérêt à privilégier, notamment dans le cadre de la résidence principale: la chute moyenne des prix de l'immobilier reste excessivement modeste au regard du raz de marée économique que l'on a annoncé et constaté dans maints secteurs... les raisons de cette résistance tiennent à l'attractivité que représente le statut de propriétaire alors que seuls 56 % des Français ont franchi ce pas... Nous sommes donc en présence d'un très fort potentiel structurel qui, hélas, ne demande qu'à faire déraper le marché au premier signe de (re)démarrage. Paradoxalement, pour que la propriété immobilière soit raison- nablement accessible, mieux vaut une maison qui coûte cher qu'une maison qui rapporte... Il est fondamental que le marché ne retrouve pas cette tendance haussière des années 2000 qui ne fera que reproduire les conditions d'une nouvelle crise. Pour ce faire, nous préconisons le développement d'une urbanisation réglementée de certaines zones situées à proximité immédiate des grands centres urbains. Limitant drastiquement les coûts d'acquisition initiaux (foncier et construction) et les prix de revente ultérieure, cette gestion novatrice d'un marché immobilier émergeant aurait également pour intérêt de limiter le coût de construction des nouveaux logements en freinant la tendance qui consiste à édifier des maisons toujours plus vastes et plus équipées: les maisons développant 160 M² paraissent aujourd'hui aussi communes qu'une villa de 120 M² en 1990, les séjours s'étendant sur 40 ou 50 M² contre une trentaine auparavant sont légions et les chambres se multiplient beaucoup plus que le nombre d'enfants ou d'amis effectivement hébergés*... Représentant le potentiel d'un véritable moteur d'une économie pérenne à fort effet de levier qui ne devrait rien aux fonds publics (qui n'en peuvent mais !), cette politique d'aménagement nécessite une volonté politique forte, notamment celle de s'imposer face aux appétits des grands groupes lotisseurs/aménageurs et celle d'inciter les futurs accédants à renoncer au "toujours plus": Cette prétention à un espace habitable toujours plus important s'associe bien souvent au sur-équipement technique: environnement domotique, cuisines professionnalisées, sanitaires balnéothérapisés, climatisation généralisée et autres volets électrisés ont une incidence forte sur les coûts d'acquisition, et donc de revente ultérieure. La maîtrise de leurs souhaits par les accédants permettrait, sur cette base d'un coût de foncier limité, de maintenir les coûts de construction à un niveau relativement modéré, cette stratégie présentant alors le mérite supplémentaire de modérer les prix de l'ancien en positionnant ces programmes en alternative attrayante. Encore faut-il, pour se faire, que les accédants puissent résister aux charmes de l'hyper-consommation, ce soleil qui brille si fort... Olivier Paris Directeur de l'Observatoire de l'Immobilier® * selon l'Insee, un logement moyen offre aujourd'hui 30 % de surface habitable de plus qu'en 1984. Rapprochons cette analyse des chiffres suivants: en 1996, 18,7 % des Français jugeaient leur logement trop petit, ils étaient pourtant encore 17,7 % à exprimer ce même sentiment en 2006... Enfin, livrons quelques chiffres issus de la dernière étude de l'Insee portant sur l'évolution du pouvoir d'achat des Français: Si 58 % de nos compatriotes sont propriétaires, seuls 38 % sont classés DCA (dégagés du crédit d'achat), donc effectivement titulaires d'un droit de propriété intégral de leur logement. Les 20 % d'accédants sont quant à eux propriétaires d'un droit très virtuel puisque soumis au terme de leurs remboursements. Dernière précision, les propriétaires DCA affichent une moyenne d'âge de 64 ans, ce qui peut décomplexer beaucoup d'entre nous ... (www.insee.fr) |
|
|
Les vrais prix du marché immobilier par département: Calvados Gard Manche Ile de la Réunion Ile de Saint-Martin Archipel de la Guadeloupe L'actualité immobilière Pour vendre ou acheter sereinement Les vrais prix du marché immobilier du Gard Notre méthode d'analyse des prix de vente Les agences partenaires de l'Observatoire de l'Immobilier® du Gard Le dico de l'Immo La presse en parle... Développer l'Observatoire de l'Immobilier® dans votre département Votre carrière dans l'immobilier (France et DOM-TOM) Nous contacter Accueil |
|
|
| copyright 2007 - synergimmo développement - reproduction interdite |
|
|